Profession : Théâtrothérapeute, qu’est-ce que ça veut dire ?

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« L’Art-thérapie consiste à aider les malades en leur faisant pratiquer un art : musique, danse , théâtre, arts-plastiques.  Cette discipline utilise la création artistique à des fins paramédicales. » Alexandre d’Oriano, un confrère parisien, dit encore : « l’Art-thérapeute considère chaque patient selon un protocole bien défini (…) en établissant un dossier médical et un suivi pour chaque cas. »

Personnellement, j’adopte un langage très différent. Tout d’abord, je nomme « participants » ceux qui rejoignent mes ateliers. Ensuite, je laisse à chacun la responsabilité d’évaluer sa « santé mentale », considérant que si ces personnes font la démarche de s’inscrire à un atelier de développement personnel, c’est déjà très bon signe !

J’ai obtenu le titre de théâtrothérapeute par deux fois (voir biographie). Pour autant, des personnes qui souffriraient d’une psychose n’auraient pas leur place dans le monde du « faire semblant ». Je ne suis pas apte à les aider. Reste la grande majorité de ceux qui cherchent une amélioration de leur confort mental, ou tout simplement, une occasion de prendre du bon temps !

Mes ateliers donnent un cadre professionnel- lieu, horaire, groupe, consignes et expérience-favorable à l’expression de soi par le biais du théâtre. A deux différences près : le public est constitué des acteurs au repos et le texte (dialogues et scénarios) est inventé sur place.

L’improvisation laisse les acteurs très libres d’adopter un style ou un autre, en fonction de ce qui les habite en profondeur et dont ils ne sont pas d’emblée conscients au moment de jouer. Après coup, une relecture brève de ce qui a été donné à voir aide les participants à découvrir une facette de leur caractère ou de leurs sentiments. Par exemple, à Brigitte, il a été dit que son personnage avait de l’autorité. Elle était assez contente de réaliser qu’elle possédait cette qualité.

Un des bénéfices nets à retirer dès la première séance consiste en un allègement de la pression psychologique qui accompagne habituellement une vie professionnelle et familiale bien remplie.

Les nouveaux arrivants ressentent un soulagement dès qu’ils découvrent l’ambiance décontractée et la facilité avec laquelle ils sont capables de « faire comme si ». Au contraire des robots, tristement prévisibles, l’homme équilibré se renouvelle à mesure que son épanouissement grandit. La mise en situation de jouer un rôle donne l’occasion d’expérimenter d’autres façons d’être au monde…sans risque.

Ainsi, quelqu’un de timide (la plupart des participants m’annoncent qu’ils le sont avant de commencer mes ateliers !) va s’apercevoir qu’il est capable de prendre sa place avec aplomb dans une saynète qui lui en donne l’occasion. Et ensuite, il sera capable de transposer cette audace dans la vraie vie. L’inverse est vraie aussi. Je pense à Marie-Jeanne qui craint de prendre trop de place, se sachant exubérante. Nous avons vu qu’elle pouvait améliorer son impact en étant plus attentive à la manière dont l’interlocuteur reçoit ses paroles, donc, d’entrer davantage en dialogue. Il n’est pas question de se restreindre mais bien de s’ouvrir.

Au cours des 12 ateliers consécutifs, je propose tout un parcours de travail sur les habiletés relationnelles, sur la gestion des émotions de base, sur la découverte de soi et la libération de son potentiel créatif.

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